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Centre Jean Bodin

Séparés par des virgules

La répression du militantisme écologique en Europe

Le 2 juin 2026 parait l'ouvrage La répression du militantisme écologique en Europe, placé sous la direction de François Hourmant et Sophie Lambert-Wiber, aux éditions Legitech. Cette publication fait suite au colloque du même nom qui s'est tenu à l'Université d'Angers le 4 décembre 2025.

Présentation

Blocages d’autoroutes, actions spectaculaires dans les musées, encollages sur les tableaux, occupations de sites industriels : depuis plusieurs années, le militantisme écologique se réinvente et s’intensifie à travers l’Europe. Face à l’urgence climatique, des collectifs comme Soulèvement de la Terre, Just Stop Oil ou Letzte Generation multiplient les formes d’action, jouant sur la médiatisation et la désobéissance civile pour alerter l’opinion. En retour, les gouvernements durcissent l’arsenal juridique mobilisé contre ces militants, allant jusqu’à les qualifier d’« éco-terroristes ». La répression à l’encontre des militants et associations de protection de l’environnement est aujourd’hui déployée tant sur le plan pénal (avec des condamnations alourdies) qu’administratif ou fiscal : militants écologistes radicaux fichés S. ; non-admission des faits justificatifs ; dissolution d’association ; interprétation restrictive des dispositifs de mécénat… À ces procédés classiques s'ajoutent des armes plus insidieuses telles que les « procédures-bâillons », poursuites judiciaires intentées non pour obtenir justice, mais pour intimider et épuiser financièrement les militants, ou encore la mise sous surveillance étatique des libertés d’expression collective. Ce durcissement répressif n’est pas sans conséquences. Il alimente la démobilisation au sein des mouvements écologiques, déforme la perception de l’urgence climatique dans l’opinion publique et soulève des questions fondamentales sur l’état des libertés dans nos démocraties. La répression des militants écologistes pacifiques constitue aujourd’hui « une menace majeure pour la démocratie et les droits humains », comme le sou-ligne Michel Forst, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseurs de l’environnement.


Réunis à l’Université d’Angers sous sa présidence, juristes, politistes, sociologues et linguistes croisent leurs regards pour analyser ce « tournant répressif ». Ces actes du colloque RECLAIM – Regards croisés sur la répression du militantisme écologique en Europe – offrent un panorama comparatif inédit couvrant la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et l’Italie. Ils interrogent les enjeux démocratiques d’une disqualification croissante du combat environnemental, et posent avec acuité la question des droits et libertés fondamentales à l’heure de cette urgence planétaire.

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